NOTRE DAME DE PARIS OU LA CATHÉDRALE D’UN TRISTE BUZZ

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Ne pas juger trop vite au risque de préjuger ; se garder de s’attarder sur la surface des choses pour aller au bout de nos réflexions ; en l’absence de toutes les pièces du puzzle, reconnaitre à l’autre la possibilité d’être innocent de ce qu’on serait tenté de lui reprocher et pourquoi pas admettre l’éventualité d’être soi-même sur le banc des accusés ; voilà quelques précautions qu’auraient dû prendre éventuellement bien des intervenants en réagissant à l’actualité d’un édifice aussi symbolique qu’historique en proie aux flammes. Cet édifice vous vous en doutez déjà est la célèbre cathédrale de la capitale parisienne, Notre Dame de Paris. Bien des enseignements peuvent être tirés de cet évènement, parmi ceux-ci figure en bonne place cette accablante vérité : la destruction de l’histoire malgré sa valeur peut être sujette à moquerie, sa restauration source d’indignation. Lire la suite « NOTRE DAME DE PARIS OU LA CATHÉDRALE D’UN TRISTE BUZZ »

UN YOUTUBEUR VICTIME DE LA HAINE QU’IL ENTENDAIT DÉNONCER

L’humour est à manier avec précaution, les mots à choisir avec soin lorsqu’on désire faire passer un message à l’opinion publique ; ce qui est encore plus vrai quand on est un personnage public souhaitant moraliser la multitude à laquelle on s’adresse. Loin de nous l’idée de donner des leçons sur la manière dont qui que ce soit aurait dû s’exprimer, le constat est là: ce qui a été dit, sans être faux ou foncièrement condamnable, a été formulé d’une façon qui a déplu. Ainsi, un message qui visait très certainement à inciter les uns et les autres à tourner la page sur une époque sombre de l’histoire de l’humanité, a été perçu comme un comportement digne d’un lèche-botte acquis à la France doublé d’un vulgaire geste de mépris vis-à-vis de la mémoire de nos ancêtres.

Ce message est celui d’Observateur Ébène, de son vrai nom Florent Amany, youtoubeur à la notoriété croissante qui s’exprime dans une vidéo suite à une polémique qui s’est produite tout juste après la finale de l’Euro 2016 opposant la France au Portugal. Le constat était le suivant : dans nombre d’endroits en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens sont nombreux à exprimer leur joie suite à la victoire portugaise, non pas parce qu’ils apprécient véritablement le Portugal ou son joueur vedette, Cristiano Ronaldo, mais tout simplement parce qu’ils voulaient voir la France, l’ancienne puissance colonisatrice, échouer. Justifiant notamment leur aversion pour la France au motif de l’esclavage pratiquée par celle-ci dans le passé sur le continent africain, certains de ces supporters vont jusqu’à considérer leurs concitoyens qui encourageaient les footballeurs français comme des traitres à leur propre cause ou des individus ayant oublié leur histoire. C’est ainsi que Florent Amany qui a l’habitude de s’exprimer avec dérision sur ce genre de sujet, a décidé de monter au créneau pour exposer sa vision des choses sur une attitude qu’il trouve malheureuse. Hélas, il sera victime du courroux d’une partie de la toile.

 

Cela dit, à y regarder de près, ce qui a dû déranger le plus dans ses propos est l’expression : « Je m’en fou de l’esclavage ». En le disant, Observateur Ébène, a donné l’impression de ne ressentir aucune peine ou répugnance vis-à-vis de l’esclavage dont des millions d’Africains ont été victimes durant des siècles. En outre, quand il ajoute « Aucun de mes parents n’a été esclaves, aucun d’entre eux n’a connu l’esclavage », on croirait presque qu’il est dans le déni, qu’il prétend que ces aïeuls n’auraient pas vécu l’esclavage.  Pour cause, s’il entendait par « parents », les membres de sa famille proche et ceux qu’il a connu de son vivant, il a dû oublier que dans la mentalité africaine, est qualifiée de « parents » toute personne avec laquelle on a un lien de parenté aussi éloigné soit-on de cette personne par les liens du sang, dans l’espace et même dans le temps.

Dans cette perspective, l’Africain considère ses ancêtres comme faisant partie des membres de sa famille ; car, en Afrique, même si la modernité a tendance à altérer cette perception des choses, l’ancêtre n’est pas un défunt qu’on n’a pas eu l’occasion de connaitre, il n’est pas un être appartenant au passé ; bien au contraire, il a une part significative dans le quotidien des vivants. Pour s’en convaincre, rappelons par exemple que conformément à bon nombre de traditions africaines, la terre n’appartient pas à un individu mais aux ancêtres. Que dire également de la pratique récurrente de l’homonymie qui est vue comme une façon de perpétuer la mémoire d’un aïeul, ou encore des alliances à plaisanterie qui nous ont été léguées par des parents qui nous ont devancés sur cette terre quelques siècles auparavant ? En vertu de tout cela, il n’était pas concevable pour un Africain qu’en disant que ses parents n’avaient pas connu l’esclavage, Florent Amany refusait implicitement le statut de parent à bon nombre de ses arrières grands-parents qui ont bien entendu souffert de l’esclavage.

 

Quoi qu’il en soit, cette sinistre vision des choses n’est fondée que si nous faisons une lecture partielle de ce discours ; car, replacées dans leur contexte, ces citations donnent un tout autre sens à son message dont voilà l’essentiel : « Je suis triste et je suis vraiment navré. Il y a des personnes qui n’aiment pas la France, ne veulent pas que je manifeste mon amour pour ce pays. Où est votre problème si j’aime la France ? Après, il me demande si je n’ai pas vu l’esclavage que la France a fait à l’Afrique. Mais je m’en fou de l’esclavage. Aucun de mes parents n’a été esclaves, aucun d’entre eux, n’a vécu l’esclavage. Ceux qui ont fait l’esclavage, ils sont tous morts en 1800. »

A la lecture de ce passage, il ressort que lorsqu’il dit « je m’en fou de l’esclavage », il répond simplement à l’argument qui justifie la haine de la France en raison de l’esclavage pratiquée par cette dernière des décennies auparavant. Pour se justifier, d’ailleurs, il relève qu’il n’a aucune raison de ressentir de la rancune étant donné que les victimes de l’esclavage et leurs bourreaux ne sont plus de ce monde : « Aucun de mes parents n’a été esclaves, aucun d’entre eux, n’a vécu l’esclavage. Ceux qui ont fait l’esclavage, ils sont tous morts en 1800 ». De là, il apparait clairement que ce monsieur fait allusion à des parents d’une époque récente et nullement à ses ancêtres qui, eux, ont certainement été esclaves.

Ensuite, il appelle à tourner la page sur cette histoire et à délaisser l’esprit de vengeance : « Les temps changent, on est en 2016. Votre envie de vous vengez, ça ne vous aboutira pas, ça ne vous emmènera nulle part les potos (potes) ». Cette rancœur il la souligne eu égard à l’actualité récente, celle des attentats terroristes à Paris et de la défaite de l’équipe de football française à l’Euro 2016 organisé par la France elle-même : « Parce que, il y a attentat en France, vous êtes contents. La France est battue en finale vous êtes contents ».

Cependant, bien qu’il trouve cela malheureux, il a la repartie de considérer que ses frères sont libres de penser ce qu’ils veulent mais s’interroge sur le fait que ceux-ci désirent incessamment étendre à leurs semblables cette haine, cette francophobie : « Oui c’est la démocratie, c’est votre choix, vous êtres libres. Mais pourquoi empêcher nous qui aimons la France, nous qui sommes tristes lorsque la France est battue, lorsqu’en France il y a un attentat, pourquoi vous nous empêchez, vous nous jugez, vous nous reprochez notre amour pour la France ? ».

Ainsi, lorsque ce discours est examiné avec attention, analysé en mettant de côté les aprioris, sans être aveuglé par les émotions, il ressort une critique cohérente qui trouve sa source dans les interrogations suivantes : pourquoi en vouloir à la France d’aujourd’hui, pour l’esclavage qui a été le fait de la France d’hier ? pourquoi devrions-nous en vouloir à un Français pour des actes que ses ancêtres ont posés? avoir pareil ressentiment ne serait-il pas une discrimination flagrante, étant donné qu’on en veut à un individu simplement parce qu’il a une origine française ? quand bien même on s’accorderait à trouver cette injustice justifiable au nom d’une liberté d’opinion, cette même liberté ne devrait-elle pas autoriser les autres à ne pas partager notre aversion pour tout ce qui est français ?

« Mais que faisons-nous du devoir de mémoire » diront certains ? A ceux-ci, rappelons que le devoir de mémoire ne se confond pas avec l’insatiable soif de vengeance.
Le devoir de mémoire serait pour nous de ne pas oublier la souffrance qu’a causée l’esclavage à notre continent, afin de ne pas perdre de vue pourquoi une telle chose est arrivée et d’éviter que cela ne se reproduise à l’avenir. Il ne s’agit pas seulement d’empêcher que cela nous arrive à nouveau, d’une quelconque manière ou sous une forme quelconque mais d’éviter aussi ce préjudice à tout individu puisque nous savons, au regard de nos séquelles culturelles, à quel point cela peut être dégradant et humiliant pour la personne humaine. La vengeance, par contre, est ce mal qui nous ronge de façon si irrationnelle qu’on en vient à admettre des idées arriérées comme celle de vouloir condamner des enfants pour des crimes perpétrés par leurs géniteurs.

En dépit de ce que beaucoup pense, c’est à notre avis, l’idée que cet humoriste, conspué aujourd’hui sur les réseaux sociaux (ceux-là même qui l’ont révélé davantage), souhaitait exprimé. Malheureusement, l’emploi du « Je m’en fou de l’esclavage » était apparemment malvenu dans l’entendement populaire où bon nombre se sentent tellement attachés à cette partie de l’histoire que celle-ci semble datée d’hier. Ce faisant, il s’est mis à dos bien des partisans du panafricanisme.

Ajouté à cela, ces dernières paroles en fin de vidéo qui ont, vraisemblablement, parues dédaigneuses aux yeux des internautes : « Arrêtez de me casser les couilles les potos (potes), j’en ai les ras-le-bol de vous… Je m’en bat les couilles ». L’occasion de rappeler que la fameuse expression « On s’en bat les couilles » (en référence aux agissements des terroristes au lendemain de l’attaque de Grand Bassam) est celle qui lui a valu la sympathie d’une bonne partie du web et son billet d’entrée dans l’équipe de l’émission « Touche pas à mon poste » sur la chaîne de télévision française Direct 8. Quoique, cette fois-ci, étant dirigée contre ceux qui regardaient la vidéo et ne partageaient pas sa vision des choses et non contre les terroristes, cette grossièreté du langage n’a pas suscité l’adhésion, à plus forte raison la sympathie d’une multitude qui n’a pas manqué d’injurier l’humoriste, de le traiter de tous les noms et de signaler tellement sa vidéo controversée que sa page Facebook a été bloquée.

 

Aux dernières nouvelles, Florent Amany Kouakou s’est excusé auprès des internautes, reconnaissant qu’il avait certainement mal choisi ses mots. Sans ambigüité et sans détour, l’homme reconnait que les propos qu’il a tenus ont heurté la sensibilité de beaucoup de personnes et, de ce fait, a demandé « pardon ». Toujours est-il, que ce geste qui est sans équivoque celui du repentir, est malgré tout considéré par d’autres comme insuffisant. L’humoriste serait-il devenu la proie de ce ressentiment irraisonné qu’il entendait dénoncer en premier lieu ?


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Article original sur Facebook: https://web.facebook.com/mohamedlamine.coulibaly.90/posts/1148428861882589


Tous les liens de cet article étaient consultables à la date du 14 mai 2019 à 00h48.

LA « REVENGE CAR » DE DIDIER ZOKORA VUE PAR LA TOILE IVOIRIENNE

« Pour quelqu’un qui prétend aimer sa fille, il bloque la voiture sous prétexte que c’est lui qui l’a achetée. Comme il n’a pas eu gain de cause par les médias, alors il passe par la violence », ces propos sont ceux de Séry Dorcas, épouse du joueur ivoirien de football Didier Zokora, scandalisée par le fait que son mari, avec lequel elle serait en instance de divorce, aurait récupéré la voiture qu’il lui avait offerte. L’incident qui a été filmé1 par l’intéressée, elle-même, a rapidement été dénommé par les internautes ivoiriens la « Revenge Car » en référence au livre « Revenge Porn » que Nathalie Koah a écrit pour dévoiler la face cachée de la star du football camerounaise, Samuel Eto’o, suite à sa rupture avec ce dernier mais aussi et surtout à un scandale sexuel qui a fait le buzz. Lire la suite « LA « REVENGE CAR » DE DIDIER ZOKORA VUE PAR LA TOILE IVOIRIENNE »