LE BON CHOIX, RÉALITÉ OU CHIMÈRE?

On se prend quelquefois à ressasser le passé, à se demander à quoi notre vie aurait ressemblé si on avait fait les choses autrement, si on avait fait tel choix au lieu de tel autre. Cela nous amène presque toujours à cette question : A-t-on fait le bon ou le mauvais choix ?

A ce sujet, qu’est-ce qu’un bon choix ? En s’en tenant à la raison, un bon choix est peut-être celui qui nous est profitable. Cependant, l’homme n’est pas un être qui agit toujours à la lumière de la raison, son cœur lui dictant parfois sa conduite. De ce fait, ce qu’il peut considérer comme « profitable » n’est pas ce qui va forcément dans le sens de ses intérêts personnels mais ce qui est bénéfique à ses semblables ou encore ce qui est en accord avec sa conscience. Ainsi des parents se sacrifient-ils pour leurs enfants et des personnes qui pourraient s’enrichir malhonnêtement ne le font pas par principe. Pour ceux-là, le profit est une chose qui n’est pas toujours personnel ou matériel. Cela dit, qu’on soit individualiste ou pas, matérialiste ou non, un mauvais choix serait éventuellement celui qui est contraire à nos désirs ou à nos attentes.

 

Quoi qu’il en soit, il y a des choix qui peuvent nous paraitre appropriés au moment où on opte pour ceux-ci mais qui nous condamnerons demain. Tout comme des choix qui nous desservent, à notre sens, nous serons profitables plus tard.

Pour preuve, il y a quelques années, précisément en 2011, les Européens pensaient faire une bonne chose en renversant Kadhafi. Toutefois, à l’heure où nous parlons, l’Europe doit faire face à des vagues d’immigrants clandestins venues justement de Libye car avec la disparition de Kadhafi le pays est devenu instable laissant le champ libre aux passeurs clandestins et aux groupes terroristes. Était-il souhaitable de ne rien faire? Pouvait-on faire autrement ou plus? Là ne sont pas les questions qui nous intéressent ici. Ce qui doit interpeller dans le cas présent est le fait qu’un choix ayant vocation à s’appliquer à un seul pays a eu des répercussions relativement imprévisibles affectant toute une sous-région où règne actuellement une insécurité notoire. Une situation déplorable qui rappelle dans une certaine mesure qu’il est difficile de juger du caractère anodin d’une décision qui ne peut s’apprécier qu’avec le temps. Edward Lorentz avec la fameuse théorie de l’effet papillon (Butterfly Effect), ne prétendait-il pas que le seul battement d’ailes d’un papillon sur un point donné du globe est susceptible de provoquer une tornade à quelques kilomètres de là? Comme quoi, la somme de petits choix que nous faisons au quotidien peut parfois influencer notre existence de façon totalement inattendue.

Autre illustration, Nelson Mandela en s’engageant pour plus d’égalité dans son pays a connu la persécution ainsi que la prison. Bien des personnes auraient cru à l’époque qu’il avait emprunté la mauvaise voie bien que sa cause était juste. Cependant, l’histoire lui a donné raison. Après 27 années de prison, sa lutte a été récompensée et il est devenu le premier président noir d’Afrique du Sud. Combien d’entre nous endure une traversée du désert en se maudissant d’en être arrivé là parce que nous n’avons pas opté pour la meilleure option possible, celle-là qui nous aurait épargné cette épreuve? Raisonner de la sorte revient à s’encombrer inutilement de culpabilité. Car en dépit de l’illusion que  nous nous faisons, nous avons certes le loisir de planifier notre futur mais aucune maitrise totale sur celui-ci puisque dans ce monde coexistent avec notre volonté celles des autres sans parler des aléas de la nature. Ainsi, nous n’avons que très peu de prise sur ce qui nous arrive au contraire de la façon dont nous gérons les évènements  qui se produisent dans notre vécu. Ne voyons donc pas systématiquement une situation fâcheuse comme la résultante de notre propre fait. Il peut parfois s’agir d’un obstacle entre nous et nos objectifs, obstacle à franchir qui serait même une occasion de grandir davantage. A ce sujet, l’exemple du premier président noir d’Afrique du Sud est, une fois encore, assez évocateur puisque celui-ci est allé jusqu’à confier dans une lettre, datée du 1er février 1975, destinée à son épouse Winnie Mandela qu’il était arrivé à entrevoir un point positif dans sa vie carcérale : « La cellule est un lieu parfait pour apprendre à se connaître et pour étudier en permanence et dans le détail le fonctionnement de son esprit et de ses émotions. » (Conversation avec moi-même. Lettres de prison, notes et carnets intimes, Edition de la Martinière). Si un homme qui a été injustement jeté en prison où il a été victime de traitements dégradants en plus de n’avoir eu presqu’aucun contact avec sa famille pendant une grande partie de sa vie, a su trouver du positif dans l’injustice qu’il a eu à endurer, comprenons que nous avons davantage à tirer de nos tracas que des remords et de la victimisation.

 

En définitive, tout ceci démontre à souhait qu’on ne peut pas toujours prévoir toutes les conséquences d’une décision au moment où elle est prise. Donc, le tout n’est peut-être pas alors de faire le bon choix ou le mauvais choix mais d’assumer chaque choix que nous faisons en fonction de nos objectifs et de nos convictions.


Crédits photo

Choix Flèches Point by Kingrise: https://pixabay.com/fr/illustrations/choix-fl%C3%A8ches-point-d-interrogation-3183317/ (dernière consultation, le 29 avril 2019 à 9h48)

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