LA NATIONALITÉ DES UNS, LE PRÉJUGÉ DE CERTAINS

Dans le monde d’aujourd’hui, peut-on déterminer la nationalité de quelqu’un rien que par le nom, certaines caractéristiques physiques ou toutes autres données du même genre?

En raisonnant de cette façon, il faut avouer qu’on se trompe rarement. La modernité ayant encouragé les êtres humains à la sédentarité et étant donné le communautarisme relatif régissant la plupart des organisations humaines, les ethnies vivant dans une zone donnée y sont bien ancrées. Ce faisant, les habitants de ces localités et des pays où celles-ci sont situées, sont notoirement connus comme appartenant à tel ou tel groupe ethnique ; cela avec les noms et, la génétique étant ce qu’elle est, les caractéristiques physiques que l’on retrouve communément dans ces groupes. Par exemple, un dénommé Ouédraogo est souvent Burkinabé, tout comme les chances sont grandes que Kouassi soit Ivoirien.

Cependant, avec la mondialisation croissante, les frontières constituent de moins en moins des obstacles et les populations sont de plus en plus métissées. Résultat, cette manière de penser (juger de la nationalité d’une personne sur son apparence) tient de moins en moins la route. De plus, contrairement à ce qui se faisait par le passé, les communautés sont de moins en moins repliées sur elles-mêmes. Pour preuve, des interdits qui empêchaient certains mariages entre personnes de différentes ethnies ou castes, ont tendance à être enfreints. Des Peuls épousant des forgerons en Afrique ou des Dalits se liant avec des Brahmans en Inde.

Ainsi, dans ce monde où les choses changent, avons-nous vu dans l’équipe nationale de football du Mali un joueur dénommé N’guessan Roumingue Kouamé, tout comme on ne présente plus ces joueurs de l’équipe de France, à la peau bien noire et aux noms bien africains mais Français quand même.

Cela dit, n’omettons pas de souligner la possibilité qu’une personne quel que soit son nom ou sa morphologie peut être apatride, c’est-à-dire n’avoir aucune nationalité. Une situation assez récurrente en Afrique de l’ouest où elle toucherait près de 750.000 personnes selon le HCR. La faute, en partie, à nos législations qui imposeraient des conditions d’accès assez strictes à la nationalité et surtout, à l’inadéquation de nos services d’état civil face à certaines de nos réalités socio-culturelles et politiques.

Simplement pour noter qu’à l’heure actuelle, la nationalité d’une personne ne peut se vérifier réellement que sur ces pièces d’identité, pas sur son apparence physique ou la familiarité de son nom.
Si des personnes dérangées par ce fait, rappelleront des adages tels que « Les chiens ne font pas des chats » ou encore « Le séjour passé dans l’eau ne transformera jamais un tronc d’arbre en caïman », ces personnes doivent se rappeler que l’Homme est doté d’un libre arbitre lui permettant d’aller à l’encontre même de sa nature. Considéré comme bonté : n’a-t-il pas été l’auteur de deux guerres mondiales ? Connu pour ses atrocités : n’a-t-il pas mis en place des structures pour venir en aide aux démunis et aux sinistrés ? L’homme est donc ce qu’il choisit d’être en son âme et conscience. Il en va de même de la nation ou du pays envers lequel il choisit d’être loyal. Une loyauté matérialisée par la nationalité qui lui ait octroyée.

Il va s’en dire que cette loyauté formalisée a des conséquences sur le plan juridique. Puisque chaque État met à la charge de ses ressortissants des droits et des obligations. Par ailleurs, lorsqu’une infraction est commise par un individu, sa nationalité est une donnée importante qui influe sur les lois que l’on peut lui appliquer ou non. En outre, dans une perspective internationale, le statut de réfugié est lié de près à la nationalité. En clair, pour que le droit soit bien expliqué, un juriste ou tout homme de droit ne peut se permettre un jugement de valeurs pour apprécier la nationalité d’un individu, il ne doit s’appuyer que sur des documents légaux (carte d’identité, passeport, acte de naissance etc.)

La raison de toutes ces lignes ? Disserter sur une attitude scandaleuse car basée sur des préjugés et sans base légale. Attitude qui ne doit être en aucun cas celui d’un juriste pour une bonne vulgarisation du droit. Je ne crois pas m’inquiéter pour rien lorsque je me rappelle que durant un cas pratique où la nationalité était à prendre en compte, on n’a suggéré que le nom de certains personnages déterminait leur nationalité. Un raisonnement qui en plus d’être dépourvu de rigueur juridique, est empreint de préjugés. Toute chose à rejeter au nom de la logique et de la diversité culturelle qui caractérise le monde d’aujourd’hui.


Crédits photos:

Monde Nationalité Différente by Art_To_Art_97 (consulté la dernière fois le 10 mai 2019 à 6h46)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s